Dans « Les Echos » du 2 avril, on apprend que « La conjoncture semble toujours souriante dans la zone euro. Selon les premières estimations d'Eurostat, publiées vendredi, l'inflation y aurait enregistré en mars une légère progression à 1,9 %, contre 1,8 % en février. Mais la hausse des prix s'est maintenue en deçà de l'objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE). « En dépit de la hausse de la TVA intervenue en janvier en Allemagne, note Carol Hainaut, de Natixis, l'inflation dans l'eurozone est restée inférieure à cet objectif pour le septième mois d'affilée. »
Dans « Le Journal des Entreprises », du vendredi 2 février 2007, on peut lire une très belle interview de Jean Arthuis par Erwan Le Duc, intitulée : « La TVA sociale au secours du made in France ».
Extraits de l’article d’Emmanuel Vasseneix, dans « La Tribune » du 13 février 2007
" La TVA sociale, seul outil pour notre compétitivité ! "
Emmanuel Vasseneix, président de la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel. La Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (140 millions d'euros d'activité, 360 personnes), basée à Saint-Denis-de-l'Hôtel (Loiret), est spécialisée dans le conditionnement de liquides alimentaires. Son président est membre du bureau national du CJD. La TVA sociale est-elle un remède miracle ? Sans doute pas, mais c'est inverser une logique qui fait reposer un système seulement sur les charges salariales et qui pénalise notre compétitivité. Baisser ces charges sociales, c'est redonner de la capacité à investir, à consommer... En taxant la consommation, on fait baisser le coût du travail et l'on redonne de nouvelles chances à nos exportations.
La TVA est considérée comme l'impôt le plus injuste. Comment dépasser ce handicap ? Mais une contribution sur la consommation est moins injuste que les charges sociales et permettrait par ailleurs de redonner du pouvoir d'achat aux actifs. Ne pas taxer les produits importés, les tee-shirts chinois à 1 euro, n'est-ce pas injuste pour notre emploi national ? Dans mon secteur, quand je vends un litre de lait 0,55 euro, je rapporte 10 centimes à l'État alors qu'un litre de lait importé d'Allemagne ne procurera que 2 centimes. N'est pas une injustice ?
Êtes-vous confiant dans les engagements des candidats à la présidentielle ? Oui, à des degrés divers. La plupart sont conscients que nous sommes au pied du mur et qu'il faudra prendre des décisions courageuses. Mais cela ne peut pas consister à promettre des baisses de TVA à certaines catégories influentes. Ce serait une erreur stratégique. L'Allemagne vient d'augmenter son taux de TVA sans pour autant que cela altère sa compétitivité, bien au contraire.
Le 7 février 2007, Emmanuel Vasseneix était interviewé sur BFM par Stéphane Souiller dans l’émission « Good Morning Buisness ». Extraits
BFM : Et si je vous demande… un point prioritaire, un seul, si vous aviez une revendication, enfin je n’ai pas envie de dire revendication d’ailleurs parce que c’est pas de la revendication mais juste un boulet en moins…
Emmanuel Vasseneix : Un boulet en moins c’est qu’il faut faire baisser le coup du travail en France
BFM : Oui c’est vraiment ça la clé.
Emmanuel Vasseneix : Voilà et encore une fois qu’on ne dise pas … qu’il faut baisser les salaires, ça n’a rien à voir, il faut redonner du travail, redonner de la compétitivité aux entreprises françaises et de la capacité à exporter, du savoir faire, de l’innovation… Et puis un dernier souhait… c’est qu’on revienne dans une contagion de l’optimisme et qu’on arrête en permanence de voir le verre à moitié vide. On est dans un pays formidable avec plein de solutions, plein de choses à faire. Et c’est en les faisant ensemble avec une stratégie, avec une vision, et avec un projet très clair qu’on y arrivera.
Emmanuel Vasseneix est le dirigeant de la Laiterie de Saint Denis de l’Hôtel et membre du bureau du Centre des jeunes Dirigeants.
Dans « L’Expansion » du 31 janvier, un article intitulé « La hausse de la TVA ne plombera pas la croissance allemande » traduit bien l’optimisme économique qui règne actuellement Outre-Rhin. « La croissance allemande devrait résister mieux que prévu à l'augmentation de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), selon le gouvernement qui a relevé mercredi sa prévision de croissance pour cette année et se dit optimiste sur une poursuite de la décrue du chômage ».
Dans « Economie matin » du 30 janvier, Nicolas Dupont-Aignan, fidèle à ses habitudes, se prononce pour « l’instauration d’une TVA sociale qui diminue fortement le coût du travail en France ».
Dans « Le Figaro » du 30 décembre, on peut lire un article d’Édouard Tétreau ( Dirigeant de Mediafin, conseil en stratégie, auteur de Analyste au coeur de la folie financière) où est évoqué « en matière de fiscalité », une « approche plus créative » : « On pourra notamment regarder du côté du Danemark, et de l'Allemagne à compter du 1er janvier, pour réfléchir aux bienfaits d'une TVA sociale, et écologique ».
Que n’a-t-on pas lu sur les difficultés économiques qu’allait rencontrer l’Allemagne en raison du relèvement de son taux de TVA.
Et plus on se rapproche de la période où le passage de la TVA de16 à 19% va s’opérer, plus les discours changent.
Dans « La Tribune » du 18 décembre, on peut lire : « Il faut dire que l’Allemagne a opté pour une politique économique diamétralement opposée à celle de la France. Berlin a en effet décidé d’améliorer ses recettes fiscales grâce à la hausse de la TVA, effective au 1er janvier prochain, dans le but de compenser dans le budget des allégements de charge consentis aux entreprises. Un phénomène qui ne peut … que pénaliser dans la foulée les exportateurs français vers l’Allemagne. Cette affaire devrait coûter, selon les calculs de l’OFCE, 0,4 point à la croissance du PIB français en 2007. A l’inverse, la France mène une politique expansionniste, à base de baisses d’impôts, pour doper la consommation. Résultats, les Français vont acheter plus de produits allemands ».
Selon « La Tribune » du 23 novembre 2006, « La confiance des milieux d'affaires allemands se renforce pour 2007 ». Les auteurs, souvent français, de théories sur l’impact négatif pour l’Allemagne de l’augmentation de sa TVA se seraient-ils trompés ? Et si l’augmentation des exportations permettait à ce pays de supporter cette hausse de la TVA tout en améliorant le financement de ses charges sociales ? Et si l’impact négatif n’était pas en Allemagne mais au niveau d’un de ses partenaires ? Cela devrait alors inciter certains à un peu plus de retenue par la suite vis-à-vis des défenseurs d’autres thèses.
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