La TVA Sociale
C'est une vraie bonne idée parce qu'elle permet d'assurer le financement de la protection sociale tout en optimisant l'économie.
C'est une vraie bonne idée parce qu'elle permet d'assurer le financement de la protection sociale tout en optimisant l'économie.
Le Centre d'Analyse Stratégique (CAS) a remis jeudi 24 août au Premier ministre une synthèse réalisée à partir des propositions du Conseil d'Orientation pour l'Emploi (COE) et du Conseil d'Analyse Economique (CAE) au sujet du projet de réforme des cotisations sociales.
Le CAS retient quatre hypothèses :
- L'instauration d'une "contribution sur la valeur ajoutée" produite par les entreprises ;
- la modulation des cotisations en fonction de la valeur ajoutée ;
- la TVA sociale ;
- une contribution patronale généralisée (CPG).
La « TVA sociale » est… toujours dans la course.
Grâce à « Net PME » du 15 août 2006, on apprend que pour le C.O.E. (Conseil d’Orientation pour l’Emploi), « la TVA sociale, vu l’intérêt qu’elle suscite, nécessite des études complémentaires urgentes ».
La TVA sociale, comme nous allons le voir a de multiples avantages dans le contexte actuel. Rappelons d’entrée de jeu que sa mise en œuvre ne passe pas par la création d’un nouvel impôt mais par une redéfinition du mode de financement des cotisations sociales.
Son principe consiste à transférer le montant des charges sociales intégrées dans le prix de revient des entreprises, vers ce qui sera toujours une cotisation sociale mais enregistrée de manière comptable comme la TVA, c’est
Comme pour la TVA fiscale, ce nouveau mode de prélèvement ne s'applique pas sur les exportations de produits fabriqués sur le territoire, qui sont vendues hors TVA sociale et fiscale mais pèse sur les importations : il s’agit donc d’un surcoût additionnel pour ces produits. Ce mécanisme permet donc de financer nos dépenses sociales tout en facilitant la compétitivité internationale des entreprises.
La mise en place de la
Ce processus permet de favoriser l’offre, donc la vitalité économique avec laquelle la France cherche à renouer. La
«TVA sociale» ou augmentation de la TVA?
Il y a parfois confusion entre ces deux hypothèses. Dans les deux cas, le mécanisme employé est bien celui de la TVA. En revanche, dans le cas de l’augmentation de la TVA, les sommes prélevées vont renflouer le budget de l’Etat et dans l’hypothèse de la «
En outre, au niveau de l’Union Européenne, l’augmentation de la TVA ne laisserait que de faibles marges, car le taux de TVA maximum est de la compétence de la Commission qui vise à harmoniser la TVA, alors que la création d’une «
Enfin, dans le cas de la « TVA sociale » le rôle des organisations syndicales, généralement hostiles à la fiscalisation des prélèvements sociaux, est inchangé.
« TVA sociale » ou « cotisations sociales assises sur la valeur ajoutée » ? Malgré les apparences ces deux propositions sont complètement différentes. La deuxième n’a pas les avantages de la
Calculer les cotisations sociales sur la valeur ajoutée revient à remplacer le mode de calcul actuel où les cotisations sont fonction des salaires par un autre où les cotisations sociales seraient fonction de la valeur ajoutée de l’entreprise.
Ce simple changement du mode de calcul des charges sociales n’allègera en rien le poids sur les entreprises des prélèvements sociaux qui pèseront toujours sur les prix de revient. Elle ne changera en rien le prix des importations. Elle n’aura donc aucun des deux effets bénéfiques de la TVA sociale. Par ailleurs, les entreprises françaises de production seront toujours fortement handicapées par rapport aux entreprises importatrices dont la valeur ajoutée est toujours bien plus faible puisque les travaux de recherche et de production sont effectués hors du territoire national. Bref, ce mode de financement perpétue et pérennise la situation difficile dans laquelle se trouvent nos entreprises.
L’avantage mis en avant par certains en faveur de ce mode de calcul est plus que discutable. En langage imagé, il s’agirait de « faire payer les robots ». Remarquons d’abord qu’il existe deux sortes d’investissements, des investissements de capacité (qui permettent d’augmenter la production) et des investissements de productivité (qui permettent de produire autant avec moins de personnel). Les premiers sont générateurs d’emplois mais rien ne permet de les distinguer des seconds dans la valeur ajoutée. En voulant taxer les “robots” on pénalise donc la croissance, puisqu’elle repose sur l’augmentation de la production. Quant aux investissements de productivité, s’il est vrai qu’ils ont pour effet de réduire la part de la main œuvre dans la production, ils sont générateurs de pouvoir d’achat Par ailleurs, la baisse des prix qu’ils entraînent se traduit souvent par un développement accéléré des échanges qui sont, en définitive, créateurs d’emplois. Nous en avons deux exemples spectaculaires avec l’essor de l’industrie automobile et des nouvelles technologies nouvelles.
Enfin, il faut préciser que les groupes multinationaux peuvent aisément transférer à l’étranger des activités handicapées par des charges trop fortes. Bref, n’est
Le financement de notre avenir nous concerne tous, d’autant plus en ces temps de fractures politique et sociale. Il faut oser créer de réelles synergies entre le pays, l’entreprise et le citoyen.
Alain Grandjean et Philippe Rodet
Selon Challenges du 12 juillet, « le Conseil d'Orientation pour l'Emploi (COE) devait rendre, mercredi 12 juillet, son avis sur le projet de réforme du financement de la protection sociale et ses effets sur l'emploi et le financement de la sécurité sociale ». La piste privilégiée par le COE serait celle de l’instauration d’une « TVA sociale ».
Dans « Le Figaro » du 5 juillet, on apprend que l’économiste Agnès Bénassy-Quéré, professeur à l'université Paris-X Nanterre et à Polytechnique, considère que « le taux de TVA en France » étant « relativement faible pour un pays où la part de l'État dans l'économie est importante »… « la TVA sociale peut donc se justifier. »
Professeur Agnès Bénassy-Quéré
Dans le Figaro du 24 juin, on apprend par la voix de Thomas Chaudron, le nouveau Président du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), la satisfaction du mouvement aux propos de Nicolas Sarkozy concernant notamment l'étude de la « TVA sociale ».
« Le nouveau président du Centre des jeunes dirigeants (CJD) a pour sa part retenu que Nicolas Sarkozy avait l'intention de mettre sur la table le débat sur la TVA sociale et du contrat de travail unique : «Nous avons plaidé ces thèmes auprès de lui», explique Thomas Chaudron, «mais il reste cependant à définir quelles en seraient les modalités précises.»
Selon « Le Figaro » du 23 juin, Nicolas Sarkozy aurait proposé, lors de son meeting du 22 juin, « que l'option de la TVA sociale soit étudiée».
Madame Christine Boutin place la « TVA sociale » dans son programme de candidate à l’élection présidentielle.
Un nouveau blog est en train de voir le jour sur un grand enjeu de nos sociétés modernes : le stress. Nous vous invitons à lui rendre visite et à y réagir. Merci.
D’après l’article de Béatrice Taupin, paru dans « Le Figaro » du 14 juin 2006, on apprend que le Medef « considère d’ailleurs que la piste de la TVA sociale devrait être réétudiée car le rapport aurait « mal pris en compte l’effet compétitivité lié à la taxation des produits importés » ».
Cyril Cortina : Diplômé de l’ESCP-EAP, directeur dans un cabinet de conseil en management et nouvelles technologies
Alain Grandjean : Polytechnicien, conseil de dirigeants, co-auteur de "La monnaie dévoilée"
Jacques Groleau : Chef d'entreprise
Bertrand de Kermel : Président du "Comité Pauvreté et Politique"
Yann Loupp : Normalien, professeur de Physique, animateur du blog.
Philippe Rodet : Médecin urgentiste, président de "L'Elan Nouveau des Citoyens"
Emmanuel Vasseneix : Chef d'entreprise, membre du bureau du C.J.D. (Centre des Jeunes Dirigeants)
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